Qui s’y frotte s’y pique. Il n’aura pas fallu attendre longtemps. Après notre article consacré au marché de production et de retransmission des rencontres de Ligue 2 amateur, la réponse est arrivée. Pas directement de la FAF, mais par l’intermédiaire d’un quotidien de la place que l’on dit proche de Dely Brahim. Une réaction rapide, donc. Mais à la lecture, quelques questions demeurent… et certaines deviennent même plus intéressantes.
Le texte nous apprend que quatre soumissionnaires ont répondu à l’appel d’offres et que l’offre d’une société privée aurait atteint près de 70 milliards de centimes par saison, soit très largement davantage que celle de la télévision publique. Très bien. Mais dans un marché audiovisuel, le plus offrant est-il automatiquement le mieux équipé ? C’est là que le silence devient curieux.
La télévision publique dispose d’une infrastructure, de moyens techniques et d’une expérience de production sportive que personne ne peut sérieusement ignorer. Qu’en est-il du dispositif de NAVSI ? Combien de cars-régies ? Combien de caméras ? Quels moyens de production et de retransmission ? Quelle expérience spécifique dans un championnat de cette ampleur ?
Et surtout : qui produira réellement les images ? Car si le prestataire retenu doit faire appel à la sous-traitance pour assurer une partie importante de la production, la belle équation financière mérite tout de même quelques explications. Le prestataire change, mais les techniciens, les moyens et les équipements peuvent très bien venir d’ailleurs.
Autrement dit, le marché ne se résume pas à une addition de milliards de centimes. Il y a aussi un cahier des charges, une expertise, du matériel, une capacité de production et, accessoirement, des images à livrer. Le texte de réponse rappelle également que l’attribution serait provisoire et qu’un délai de 10 à 15 jours est accordé au mieux-disant pour verser le premier tiers de la somme. Dont acte.
Mais une autre question demeure : pourquoi cette fébrilité à répondre à notre article sans apporter les réponses aux questions essentielles ? Qui étaient les quatre soumissionnaires ? Quels critères ont réellement départagé les offres ? Quel était le contenu technique de chacune ? Quelle place a été accordée à l’expérience et aux moyens de production ? Et quelle sera finalement la part revenant aux 32 clubs de Ligue 2 ?
Nous ne mettons évidemment pas en cause NAVSI. La société a répondu à un appel d’offres et, si elle est effectivement retenue au terme de la procédure, elle aura simplement obtenu le marché. Mais puisqu’il est question d’argent public, de football amateur et d’une opération liée à FIFA+, la transparence ne devrait pas être un luxe. La FAF a donc répondu. C’est déjà ça. Il reste maintenant à répondre aux questions. Et celles-là ne sont pas encore retransmises sur FIFA+.
AHMED BESSOL
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